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14 janvier et ici le temps est magnifique, nous sortons de la petite saison des pluies qui a été, à la grande joie des gens d’ici, très généreuse cette année, aussi les récoltes seront bonnes, les gens auront de quoi de nourrir et nourrir leur famille et en général, en bonne logique les malades sont moins nombreux, tant mieux !
Que s’est-il passé ces dernières semaines ? Elles ont été assez mouvementées c’est vrai avec les jours fériés 25 et 26 décembre, 1er janvier et 12 janvier, anniversaire de la révolution à Zanzibar à la suite de laquelle en 1963 l’unification du TANganyika et de l’île de ZANzibar a formé la Tanzanie actuelle. Pas de fête particulière ici à cette occasion, les gens ne travaillent pas, c’est tout. En tous cas c’est comme ça que ça se passe dans le Nord, il y a peut être des manifestations à Zanzibar justement ou à Dar Es Salaam.
Le travail se déroule bien, il y a des hauts, il y a des bas, je dirai qu’en ce moment je suis plutôt dans les hauts.
Il y a une dizaine de jours, nous avons organisé une petite fête pour fêter la Nouvelle Année et le départ en retraite de 4 employés. Aspect officiel dès le début bien entendu, à chaque fois, je n’y loupe pas, j’ai dû m’asseoir à la table d’honneur avec le médecin responsable, le prêtre et le président du syndicat. Comme je m’y attendais, j’avais préparé un discours pour ne pas être prise au dépourvu, j’ai eu raison ! Heureusement, j’ai pu me lâcher un peu vers la fin où nous avons dansé, c’était bien marrant. On a fini la soirée au village avec 4 ou 5 collègues.
La construction de la morgue à l’hôpital a commencé. L’association française qui m’envoie a en effet donné une morgue réfrigérée (des tiroirs réfrigérés en somme) pour l’hôpital, ce qui est très bien tombée car l’actuelle morgue, c’est seulement un petit bâtiment en briques sans rien de réfrigéré. Nous avons donc signé un contrat avec des maçons de Babati, ce qui a bien entendu éveillé des jalousies de la part des entrepreneurs (ou plutôt de L’entrepreneur) de Dareda qui détient déjà 4 projets de construction dans l’hôpital. Rien ne vaut un petit peu de concurrence pour remotiver les troupes ! Tout cela financé par l’asso française, d’ailleurs, deux autres français arrivent dans un mois pour monter les tiroirs et s’occuper de la plomberie dans le bloc opératoire. Chouette !
Mon actuel compagnon français Le Glaude s’est vu rejoint par sa gentille épouse cette semaine ainsi que deux de ses amies ! Ici, les gens du village croient qu’il a trois femmes, hahaha !! Il est donc en vadrouille, et j’ai eu la chance de les voir à Dareda où ils sont arrivés vendredi soir et repartis ce matin à 7 heures tapantes. Deux de ces dames sont belges et savent que je viens du nord, aussi, elles m’ont comprise !....Et m’ont ramené de la cassonade et du pain d’épices !! On découvre plus de choses que l’on imagine quand on vit loin de ses références…En particulier dans ce cas, les souvenirs liés aux saveurs de mon enfance, des choses simples et qui vous rappellent tant. On se rend vraiment compte que l’on est tous conditionnés par notre enfance, et comme des habitudes influencent sur le bien être, difficile à expliquer mais je me sens un petit peu comme à la maison avec la cassonade, héhé ! Reste plus qu’à faire les crèpes à la bière, ça ne saurait tarder !! 
Enchantées par la visite de l’hôpital qu’elles n’imaginaient pas si grand, le samedi matin, nous nous sommes rendus l’après midi au lac salé qui se situe à une quinzaine de kilomètres d’ici, où nous avons eu la chance de voir quelques flamands, pas très roses en ce qui concerne cette espèce.

Pavillon des enfants lors de la visite

Visite lac sale
En effet, petite leçon sur les flamands roses : ils existe deux types de flamands roses qui cohabitent ensemble . Tout d’abord, les flamands nains qui sont les plus roses et les flamands roses plus gris. La couleur de leurs plumes provient d’un pigment, le caroténoïde, très abondant dans les algues qu’ils ingèrent. A mon avis, les algues de ce lac salé ne contiennent pas beaucoup de caroténoïde. Ce qui est bizarre, c’est que quelque soit l’espèce, de près ils ne paraissent pas roses du tout, c’est en prenant de la distance et en les voyant en groupes qu’ils deviennent un banc de flamands rose.
Pour l’occasion,Thérèse et ses amies sont passées par une agence de voyages, aussi je me suis comportée en touriste le temps d’une apm ! Un superbe 4x4 avec toit ouvrant SVP pour les parcs, et puis pas trop secoués (tout est relatif), quel confort ! Ce lac était complètement sec il y a trois mois et là plein d’eau et même des flamands roses. De magnifiques oiseaux sur le bord de la route, par exemple les évêques rouges de zanzibar (spécial dédicace pour mon petit père, tu vas te régaler…J’espère qu’il y aura autant d’oiseaux en mai).
En observant les réactions et les commentaires de nos visiteuses, Claude et moi nous rendons compte que ces paysages qui au début ne cessaient de susciter notre étonnement, sans être blasés, nous sont désormais familiers. Les habitations aux toits de chaume, les jeunes mamans qui se baladent avec leur bébé sur le dos, les enfants qui portent les seaux sur la tête, ou qui se lavent dans une rivière, les vélos surchargés, les troupeaux gardés par des mômes qui doivent avoir parfois 5 ou 6 ans sans surveillance font partie de notre quotidien.

Maisons
Les paysages me surprennent toujours car selon les saisons, ils sont vraiment différents. Tout est vert en ce moment, je vous montre un exemple, avant d’arriver à Dareda, notre petit groupe est allé visiter le Parc du Tarangire, que je suis allée visiter à la fin de la saison sèche, au tout début octobre, le contraste est saisissant.

La riviere du parc de Tarangire avant la saison des pluies, debut octobre
 La meme riviere au mois de janvier...
Malheureusement, ils n’ont pas vu autant d’animaux que j’avais vus car ce qui attire les animaux dans cet endroit c’est la minuscule rivière en saison sèche alors que début janvier, les animaux trouvent de l’eau partout et s’éparpillent.
Nous avons rencontré quelques amis tanzaniens, qui sont toujours étonnés par les cheveux lisses et grisonnants voire blancs de ces Wazungu ! Quelqu’un pensait que Claude avait 72 ans parce qu’il a les cheveux blancs !!
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